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# II. La Prison d’État

Les élections de 2016 marquent un tournant brutal pour les États-Unis.\
Dès le premier jour d’investiture, la nouvelle administration adopte une ligne dure : décrets anti-immigration, renforcement massif des pouvoirs policiers, surveillance accrue des communications, restrictions du droit de manifester. Officiellement, il s’agit de restaurer l’ordre et la sécurité nationale. Officieusement, le pays bascule dans une logique d’autorité permanente.

En quelques semaines, les contrôles aux frontières se multiplient, les arrestations préventives deviennent courantes, et plusieurs minorités se retrouvent ciblées par des mesures administratives floues. Des lois d’exception élargissent la définition de « menace intérieure » et de « sédition ».

Les manifestations éclatent dans tout le pays. Grandes villes paralysées, grèves, occupations de campus, heurts avec les forces de l’ordre. Les images de violences policières tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Une partie de la population parle ouvertement de dérive autoritaire.

Mais pendant que l’attention publique se focalise sur ces troubles, un autre problème persiste pour le gouvernement : San Andreas.

Depuis des années, l’île alimente rumeurs et théories. Les fuites de 2012 n’ont jamais été oubliées. Chaque suppression de contenu renforce la suspicion. Pour l’administration, Broken Coast est devenu un symbole embarrassant : une zone interdite qui nourrit l’imaginaire collectif et la défiance envers l’État.

À l’hiver 2016, une solution radicale émerge au sein des cercles sécuritaires.

Un programme discret est adopté, présenté au Congrès comme une réforme carcérale expérimentale et temporaire.

Objectifs officiels :

* réduire la surpopulation des prisons fédérales
* isoler les individus considérés comme dangereux pour la stabilité nationale
* réhabiliter San Andreas en prouvant qu’il ne s’agit que d’un territoire administratif ordinaire

Objectif réel :

* Faire taire l’opposition.

La nouvelle législation élargit la notion de sédition.

Un organisateur de manifestation, un lanceur d’alerte, un journaliste trop insistant, un hacktiviste, parfois simplement un récidiviste administratif : tous peuvent désormais être classés comme « détenus fédéraux spéciaux ».

Leur destination n’apparaît sur aucun registre public.

* Transferts nocturnes.
* Dossiers scellés.
* Familles sans nouvelles.

Officiellement : relocalisation vers des centres de détention hors territoire continental. Officieusement : San Andreas.

Des convois aériens non identifiés sont observés au large. Des avions cargos sans marquage décollent de bases militaires isolées. Les budgets du département de la Défense mentionnent soudainement des « infrastructures logistiques insulaires ».

Sur les réseaux sociaux, les spéculations explosent :

* colonie pénitentiaire secrète
* camp de travail
* laboratoire humain
* zone de quarantaine ou simple prison géante déguisée en base militaire
